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Les combats sur la rive gauche

Chaque mètre carré en marque les sanglantes étapes

      Après la bataille de la Marne ( 6–12 septembre 1914) les deux adversaires cherchent un front de stabilisation devant Verdun et en Woëvre au prix d’actions quotidiennes de part et d’autre.

      Une lutte acharnée se déclenche mi–février 1915 sur la crête des Eparges et la butte de Vauquois, soutenue par une guerre de mines souterraines. Véritables brasiers qui ne s’éteindront plus jusqu’ en 1918, tandis que les bombardements ennemis sont intermittents, parfois violents sur la rive gauche, le village de Chattancourt, le Mort–Homme( Toter Mann), Forges et la Côte de l’Oie.

      La bataille de Verdun débute le 21 février 1916 sur la rive droite de la Meuse; le 25 le fort de Douaumont tombe sans combat entre les mains ennemies. Le 26 Pétain prend le commandement de la bataille de Verdun et précise les mesures qui s’imposent sur les deux rives de la Meuse.

      En l’absence de tout système important de fortification, les combats sur la rive gauche se localisent essentiellement autour des points hauts, véritables verrous naturels dont la possession était indispensable à l’ennemi pour progresser en direction de Verdun. Cette terre a été aussi le calvaire du combattant de Verdun. Chaque mètre carré en marque les sanglantes étapes. Des milliers de corps engloutis par l’artillerie y reposent.

Le Mort–Homme

      Le Mort–Homme, nom d’un ancien lieu–dit, se compose en fait de deux collines aux altitudes de 295 et 265 mètres où de terribles corps à corps ont eu lieu. Si les mamelles nord et Sud du Mort–Homme restent entre les mains des allemands, le 9 avril 1916 la résistance française fait l’objet du fameux ordre du jour du Général Pétain qui se termine…«courage on les aura!», le sommet central de la position bouleversé et pilonné par les artilleries adverses ne peut plus être occupé par les deux adversaires. Les allemands se fortifient néanmoins sur les contre–pentes et creusent un tunnel sur les arrières facilitant les relèves. Ce genre de tunnel n’est pas qu’un seul couloir, mais un rameau desservant salles de repos, infirmerie, cuisine, dépôt de munitions etc… un chemin de fer sur voie de zéro mètre quarante assure la logistique. En mai, juin et juillet 1916 ils tentent de nouveaux assauts, suivis de nouveaux echecs et de pertes effrayantes de part et d’autre. Le secteur reste très disputé jusqu’à l’offensive générale du 20 août 1917, où dès le début, la sortie nord du tunnel est détruite par un obusier de 400 sur voie ferrée en batterie à proximité du village de Rampont; toute la garnison allemande en réserve est piégée. La rive gauche est totalement dégagée le 24 par la prise de la cote 304. Deux divisions ont consenti sur ce secteur des sacrifices particulièrement lourds: la 36ième dont les anciens ont élevé le monument dit du Squelette ( statuaire: Jacques Froment), inauguré le 10 septembre 1922 et la 40ième, Comité de la 40ième DI Général Poignant, inauguré le 28 mai 1939, auxquels s’ajoute une stèle résumant les combats meurtriers de la rive gauche.

      Plus à l’ouest, la cote 304 fut une menace constante sur les positions allemandes installées sur les contre–pentes du Mort–Homme pris le 9 avril 1916.

      Le 4 mai, six cents pièces d’artillerie allemandes de gros calibre écrasent la cote 304 suivie d’une attaque qui s’empare du mamelon vers 17 heures.

      Le 25 mai, le village de Cumières tombe entre leurs mains, le bois des Caurettes le 30.

      Jusqu’en mai et juin 1916 où la marée allemande est endiguée, les bombardements furent tels que les poussières et les fumées masquaient la colline. 75 batteries concentraient leurs feux sur quelques centaines de mètres carrés, 21 divisions s’illustrèrent dans ce secteur:
10 000 français y furent tués. Pour commémorer leur héroïsme et leur sacrifice, un comité composé d’Anciens Combattants de la cote 304, groupant 35 associations, a fait ériger une haute pyramide portant les numéros des unités (architectes: Hamelin–sculteur:Albert Lange) inauguré en juin 1934.

      Dès lors les combats s’intensifient sur la rive droite où de juin à mi–août, les offensives allemandes tentent en vain de prendre Verdun. D’octobre à décembre les contre–offensives françaises reprennent les forts de Douaumont, Vaux puis la Côte du Poivre.

      Pétain, nommé commandant en chef le 17 mai 1917 suite aux mutineries, décide de redonner le moral aux troupes françaises par une offensive soutenue par de telles forces d’artillerie que le succès ne peut faire aucun doute.

      Cette opération de renouveau de l’Armée Française se déroule du 20 au 24 août 1917 avec la conquête du bois d’Avocourt, de la cote 304, du Mort–Homme, du massif de l’Oie et du village de Cumières, en présence du général Pershing, commandant en chef du corps expéditionnaire Américain en France. C’est du front de la rive gauche reconquis lors de cette offensive que les deux corps d’Armée Américains des généraux Cameron et Bullard, déboucheront le 26 septembre 1918 lors de l’offensive «Meuse–Argonne».

      Il est interessant de signaler que lors du repli de l’Armée Française en juin 1940, un engagement violent eu lieu dans ce secteur entre les unités coloniales et les troupes allemandes. La stèle du Sergent Girard tué le 14 juin, signalée à quelques dizaines de mètres du monument de la cote 304 en témoigne.

      Par ailleurs, à l’entrée du village de Esnes à hauteur du cimetière communal, deux monuments, l’un français l’autre allemand commémorent cette journée où se déroule chaque année à la mi–juin, une commémoration franco–allemande.

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La bataloj sur la maldekstra bordo
( de la rivero Meuse)
Ĉiu kvadrata metro atestas pri iliaj sangaj etapoj

      Post la batalo «Marne» ( la 6an ĝis la 12an de septembro 1914 ) la du kontraŭaroj celas stabilan fronton antaŭ Verdun kaj en Woëvre perpreze de ĉiutagaj agoj ambaŭkampe.

      Terura lukto ekas februarmezon de 1915 sur la kresto  «Eparges» kaj la monteto «Vauquois», apogita de milito per subgrundaj minoj. Realaj fajregoj kiuj ne estingiĝis antaŭ 1918, dum kiam la germanaj bombardoj sporadas, foje fortegaj sur la maldekstra bordo, la vilaĝo «Chattancourt», «Mort–Homme» (Toter mann), Forges kaj «Côte de l’Oie».

      La batalo de Verdun komenciĝas la 21an de februaro 1916 sur la dekstra bordo de Meuse; la 25an la fortreso «Douaumont» alfalas la germanajn manojn senbatale. La 26an Pétain ekkomandas la batalon de Verdun kaj precizigas la necesajn  rimedojn por la du bordoj de Meuse.

      Pro manko de grava fortikreto sur la tereno, la bataloj de la maldekstra bordo precipe lokiĝas ĉirkaŭ la suproj, realaj naturaj ŝlosiloj estendaj en la germanaj manoj por progresi al Verdun. Tiu grundo ankaŭ estis kalvario por la batalantoj de Verdun. Ĉiu kvadrata metro atestas pri la sangaj etapoj. Milope korpoj enfositaj de la artilerio ripozas tie.

«Mort–Homme»

     « Mort–Homme», nomo de eksa kampara loketo, fakte konsistas el du montetoj altaj respektive 295 kaj 265 metrojn, kie okazis teruraj bataloj korpe kontraŭ korpe . Se la norda kaj suda mamoj de «Mort–Homme» restas en la germanaj manoj, la 9an de aprilo 1916 la franca rezistado fariĝas la celo de la fama tagordono de generalo Petain kies fino estas…
«kuraĝu ni venkos!», la centra supro de la pozicio kribrita kaj bombardita de ambaŭ artilerioj ne plu povas esti okupata de la du kontraŭaroj. Tamen la germanoj plifortikiĝas  sur la malantaŭaj deklivoj kaj fosas tunelon malantaŭen por faciligi la deĵorŝanĝojn. Tia tunelo ne estas nura koridoro, sed kvazaŭ branĉeto disservante ĉambrojn por la ripozo, flegado, pretigado nutraĵojn kaj stokado municiojn kaj tiel plu…Relvojo kvardek centimetrojn larĝa servas por la loĝistiko. Majon, junion kaj julion 1916 ili provas denove sturmi, denove sen sukceso kaj kun teruraj homaj perdoj ambaŭflanke. La loko daŭras esti tre celata ĝis la ĝenerala ofensivo la 20an de aŭgusto 1917, kiam, ekde la komenco, la norda elirejo de la tunelo estas detruita de surrelvoja, baterie uzata, haŭbizo je 400, apud la «Rampont» vilaĝo; la tuta rezerva germana garnizono estas malliberigita. La maldekstra bordo estas tute liberigita la 24an dank’al la kapto de la «cote 304». Du divizioj multege pagis sur tiu loko pro la ege multnombraj oferviktimoj: la 36a kies «eksaj batalantoj» elstarigis la monumenton nomatan «skeleta» (statuisto: Jacques Froment), inaŭgurita la 10an de septembro 1922 kaj la 40a, Komitato de la 40a infanteria divizio de Generalo Poignant, inaŭgurita la 28an de majo 1939, kiujn aldoniĝas steleo resumanta la murdajn batalojn de la maldekstra bordo.

      Pli okcidente, la «cote 304» daŭre minacis la germanajn poziciojn instalitajn sur la malantaŭaj deklivoj de «Mort–Homme» kaptita la 9an de aprilo 1916.

     La 4an de majo, sescent germanaj pecoj de artilerio dike kalibraj kunpremas la «cote 304» kaj sekvas atako kies rezulto estas la kapto de la mameto je la dek sepa horo.

      La 25an de majo, la «Cumières» vilaĝo enfalas iliajn manojn, kaj la «Caurettes»  arbaro siavice la 30an.

      Ĝis majo kaj junio 1916 kiam la germana fluso estas digita, la bombardoj estis tiaj ke la polvoj kaj fumoj nevidebligis la monteton. Sepdek kvin baterioj koncentris siajn pafadojn sur cent–kelke da kvadrataj metroj, dudek unu divizioj famiĝis sur tiu loko:
10 000 francoj pereis tie. Por rememorigi ties heroismon kaj sinoferon, komitato konstituata de Eksaj Batalantoj (Batalantaj Veteranoj) de la «cote 304», arigante tridek kvin asociojn, elstarigis altan piramidon surskribatan de la numeroj de la trupunuoj (arkitektoj: Hamelin–skulpisto: Albert Lange) inaŭgurita  junion 1934.

      De tiam la bataloj plifortiĝas sur la dekstra bordo kie ekde junio ĝis la mezo de aŭgusto, la germanaj ofensivoj vane provas kapti Verdun-on. De oktobro ĝis decembro la francaj kontraŭ–ofensivoj reprenas la «Douaumont» kaj «Vaux» fortresojn kaj poste «Côte du Poivre»-on.

      Petain, nomumita ĉefkomandanto la 17an de majo 1917 post la trupribeloj, decidas realtigi la animstaton de la francaj trupoj, per ofensivo apogota de tiom da artileriaj fortoj ke la sukceso estis nedubinda.

      Tiu operaco por renoviĝo de la Franca Armeo okazas de la 20a ĝis la 24a de aŭgusto 1917 kun la konkero de la «Avocourt» arbaro, de la «cote 304», de «Mort–Homme», de la «Oie» monteto kaj de la «Cumières» vilaĝo, kune kun Generalo Pershing, ĉefkomandanto de la usona ekspedicia korpuso en Francio. Estas el la fronto de la maldekstra bordo rekonkerita dum tiu ofensivo ke la du usonaj korpusoj de la generaloj Cameron kaj Bullard, ofensivos la 26an de septembro 1918 en «Meuse–Argonne».

      Interese estas rimarki ke dum la retroiro de la Franca Armeo junion 1940, sovaĝa ekbatalo  okazis en tiu loko inter la koloniaj trupunuoj kaj la germanaj trupoj. La steleo de la Serĝento Girard mortigita la 14an de junio, videbla je dek–kelke da metroj apud la monumento de la «cote 304» priatestas.

     Inter aliaĵoj, enirante la «Esnes» vilaĝon ĉe la komunuma tombejo, oni trovas du memorigajn monumentojn, unu francan kaj la alian germanan kie la 14a de junio 1940 estas rememorigita meze de junio, ĉiujare,  de la francoj kaj germanoj.

 la francan tekston sur panelo staranta en «Mort–Homme» la 1an–nov–2001 mi tradukis la 12an–nov–2001
Mireja